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Agir avant que la terre ne cède

Les glissements de terrain ne sont plus des événements rares. Ils s’inscrivent aujourd’hui dans une tendance alarmante qui touche de plus en plus de régions du Québec — particulièrement celles où l’agriculture et l’aménagement du territoire s’entrecroisent. Et si, pour une fois, on agissait avant ?

Quand l’érosion prépare le terrain

Au Québec, les glissements de terrain sont souvent perçus comme des catastrophes « naturelles ». Pourtant, derrière chacun se cache souvent un enchaînement de décisions humaines, de négligences ou d’alertes ignorées.

En dix ans, leur fréquence a augmenté. Pas seulement à cause des changements climatiques — qui rendent les sols plus instables avec des pluies plus intenses et plus fréquentes — mais aussi à cause de l’érosion des berges, un phénomène silencieux mais dévastateur. Les berges des rivières s’effritent peu à peu. L’eau gruge, la machinerie compacte, les pratiques intensives épuisent. Résultat : les sols se vident de leur force et deviennent vulnérables.

Et puis un jour, sans prévenir : ça glisse. Un champ se fissure. Une route se tord. Une maison bascule.

Spectaculaires : mais SURTOUT évitables!

Cartographier, documenter, prévenir

Les outils existent :

  • Le site CATNAT.net recense les glissements de terrain survenus. Pour info : CATastrophes NATurelles.net est le 1er site francophone de veille permanente sur l’actualité internationale des catastrophes naturelles, de la gestion des risques naturels et des changements climatiques
  • Le Québec a ses propres cartes : les fameuses ZPEGTZones Potentiellement Exposées aux Glissements de Terrain.

Ces cartes devraient être connues de toutes les MRC, des élus, des producteurs agricoles.
Elles devraient orienter chaque plan d’urbanisme, chaque drainage autorisé, chaque permis de construction.

Mais trop souvent, elles dorment sur des serveurs, ignorées des décideurs.

Agir avant, ce n’est pas Réagir plus vite.

C’est Planifier autrement!

Prévenir les glissements de terrain, ce n’est pas juste installer des filets ou évacuer quand il est trop tard. C’est changer nos façons de cultiver, de bâtir, d’entretenir les berges.

C’est :

  • Végétaliser les bandes riveraines
  • Modifier certaines pratiques agricoles
  • Surveiller les zones critiques et cartographier les sols instables
  • Exiger des plans d’urgence municipaux adaptés à la réalité de 2025, pas à celle de 1980.

Le coût de l’inaction est déjà trop élevé

  • À Sainte-Monique, une maison a été emportée par la terre.
  • À Pierreville, le rang de l’Île s’est effondré et une camionnette est toujours dans la riviere… 3 ans plus tard.
  • À Saint-Luc-de-Vincennes, un pan de village s’est désintégré.

Combien de terres, de familles, de budgets municipaux faudra-t-il encore voir glisser avant qu’on agisse ?

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