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Une grande bâtisseuse du Québec moderne nous a quittés pour un ultime voyage

Un engagement qui dépassait les frontières

Une bâtisseuse.
Une pionnière.
Une femme debout.

Madame Hermante Ayotte nous a quittés pour un dernier voyage le samedi 17 janvier, laissant derrière elle bien plus qu’un parcours remarquable : elle laisse une trace, une empreinte humaine qui continue de vibrer.

Mais pour moi, elle a d’abord été autre chose.

Elle fut d’abord la mère de mon amie Catherine, rencontrée au camp Edphy il y a plus de 40 ans. Puis elle est devenue ma patronne à la CMIPQ. Ensuite, ma mentore. Et surtout, mon amie.

Au fil des années, elle est devenue une présence structurante dans ma vie. Une femme exigeante, oui. Mais surtout profondément attentionnée.

Je me souviens du jour où, convaincue d’être capable de tout faire moi-même, j’avais décidé de me couper les cheveux seule… avec les résultats que l’on peut imaginer. Elle m’a regardée, a soupiré à sa manière, puis m’a expédiée illico chez son coiffeur pour « réparer les dégâts ». Ce n’était pas seulement une question de coiffure. C’était sa façon de dire : « On peut être audacieuse, mais il faut savoir reconnaître ses limites. »

C’était aussi ça, Hermante.
Une femme qui bâtissait des entreprises.
Mais qui prenait soin des gens.

Femme d’exception, entrepreneure visionnaire et leader profondément humaine, elle a consacré sa vie à prévenir plutôt qu’à réparer, à rassembler plutôt qu’à diviser, à croire — obstinément — que la dignité et le mieux-être ne connaissent ni frontières ni conditions. Des valeurs qui résonnent intimement avec celles que je porte aujourd’hui, avec tant d’autres qu’elle a inspirés et à travers lesquels elle continue de vivre 💛

Son engagement n’a jamais été contenu par les limites d’un territoire. Convaincue que la santé, la solidarité et l’attention portée à l’autre sont universelles, Madame Ayotte a élargi son regard et son action bien au-delà du Québec.

À l’international, elle a posé des gestes concrets, empreints de la même humanité qui guidait chacune de ses décisions : un hôpital en Roumanie, une crèche en République dominicaine. Des lieux où soigner, protéger, accompagner devenaient des actes de justice et d’espérance.

À travers la Clinique de Médecine Industrielle et Préventive du Québec (CMIPQ), elle a su créer un espace profondément inclusif, un lieu de convergence où des personnes venues de tous horizons et de nombreux pays se retrouvaient autour d’une cause commune : prendre soin. Là où la diversité n’était jamais un obstacle, mais une richesse mise au service de l’humain.

Fière native du Nouveau-Brunswick, elle n’a jamais oublié la terre de ses ancêtres. Cette fidélité aux racines s’est traduite dans la mise en œuvre des Bourses pour femmes entrepreneures portant son nom : une pour le Nouveau-Brunswick, une pour le Québec. Deux territoires. Un même désir de transmission.

Pour Madame Ayotte, prévenir, soigner et accompagner relevaient d’un même geste : croire en l’autre.

Aujourd’hui, c’est avec une profonde humilité et une immense gratitude envers la vie qui l’a mise sur mon chemin que j’avance, consciente de marcher dans les pas d’une grande dame, d’une humaniste dont l’héritage dépasse le temps et les frontières.

Son voyage continue — à travers nous.

Avis de décès (fiche défunt)

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