Hier, je lançais un cri du cœur : Pendant qu’on célèbre les travailleurs, on enterre les entrepreneurs.
Un an après la suspension en catimini le programme Soutien au travail autonome (STA). je dois malheureusement le dire : ce n’était que le début du saccage !
Depuis, le gouvernement du Québec a mis fin à plusieurs programmes qui soutenaient concrètement ceux et celles qui osent créer, reprendre ou faire vivre des entreprises. Des mesures essentielles à la vitalité économique de nos régions et à la survie de milliers de PME ont été suspendues, réduites, ou tout simplement abolies.
Coupes récentes dans les programmes d’aide aux entreprises
Dans les deux dernières années, plusieurs programmes structurants ont disparu ou été gelés :
- Impulsion PME, pour les jeunes pousses.
- BioMed Propulsion, pour l’innovation en santé.
- Programme DÉPART, pour les entreprises en régions éloignées.
- Un des volets du Programme Innovation (suspendu en juillet 2024).
- Le Programme de soutien à la commercialisation et à l’exportation (arrêté en février 2024).
Ces programmes représentaient plus de 450 millions $ d’aide, injectés dans l’économie québécoise au bénéfice de PME, d’OBNL économiques, de coopératives et d’incubateurs. Leur disparition laisse un vide immense, surtout pour ceux qui n’ont ni filet social, ni réseau bien établi.
Et la relève dans tout ça ?
On le dit souvent : des milliers d’entreprises québécoises devront être transférées ou fermées dans les prochaines années.
Mais qui va les reprendre, si la relève entrepreneuriale n’est ni formée, ni soutenue, ni accompagnée ?
La transmission d’entreprise est un processus délicat, qui demande :
- de l’expertise juridique et financière,
- de l’accompagnement personnalisé,
- et souvent… de la patience et du soutien psychologique.
Or, plusieurs organismes spécialisés dans la relève ont vu leurs ressources fondre. Des services d’accompagnement à la transmission ont été abolis.
Résultat ? Des entreprises viables ferment faute de relève outillée.
Une économie sans entrepreneurs ?
Nous fêtons, avec raison, les travailleuses et travailleurs qui font tourner la société.
Mais peut-on vraiment se permettre de sacrifier celles et ceux qui prennent les risques, innovent, embauchent, osent investir… et souvent, s’endettent pour offrir des produits ou services que l’on tient pour acquis ?
La prospérité économique ne pousse pas dans des fichiers Excel. Elle se construit sur le terrain, dans nos commerces de quartier, nos ateliers, nos startups, nos coopératives, nos entreprises sociales et familiales.
Il est encore temps.
Ce 1er mai, je ne cherche pas à opposer travailleurs et entrepreneurs.
Je dis simplement ceci : sans entrepreneurs, il n’y a pas de travail à célébrer.
Et sans relève, il n’y a pas d’avenir économique à construire.
Il est temps de remettre en place un véritable écosystème de soutien à l’entrepreneuriat, à la reprise et à la relève.
Pas dans un avenir vague. Pas après une autre commission d’étude.
MAINTENANT !